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Munster et Delhez out, Kevers gagne !

Cette fois, le doute n’est plus permis, la Montée Historique du Maquisard s’impose plus que jamais comme ‘le championnat du monde des pilotes de la région de Spa’ ! Ayant retrouvé une météo estivale après deux éditions pluvieuses, l’épreuve organisée par l’Ecurie du Maquisard a non seulement accueilli un public aussi nombreux que passionné, mais elle s’est surtout imposée comme le rendez-vous incontournable des ‘négociants en virages’ de Verviers, Spa et des environs. Et Dieu sait s’ils sont aussi nombreux que talentueux… le sens de la fête et de la convivialité en plus !
Une fois encore, la majeure partie de la journée était réservée à de simples démonstrations non-chronométrées, plus spectaculaires les unes que les autres ! Pour son septième millésime, le Maquisard a fait fort et bien, proposant pêle-mêle une Sunbeam 1925 qui a pris part au Mans Classic il y a deux ans, propriété de Robert Eyben, une Gilbern GT 1965 qu’Arnaud Vandermeulen est parvenu à embarquer dans de grands travers, une Fiat 850 Sport Coupé 2+2 affichant la plus petite cylindrée du plateau (903cc), une Fiat Abarth Grand Prix 1965 rivalisant d’esthétique avec la précédente, un gang de NSU plus motivé que jamais, une Fiat 124 Spider Gr.4 que Fifi Néri n’a nullement ménagée, on en passe, et de tout aussi bien…
La cerise sur le gâteau était assurément la présence d’Yvette Fontaine, qui a retrouvé la côte du Maquisard avec un enthousiasme partagé, le tout au volant d’une Toyota Celica Liftback 2000 GT Gr.1 1977 ex-Team Aseptogyl, qui a notamment pris part au Tour de Corse 1977, au Rallye de l’Acropole 1979, au Rallye des 1000 Pistes, etc. L’ex-championne de Belgique des Conducteurs (1969) n’a mis que deux petites montées pour prendre la mesure d’une monture qu’elle qualifiait de:
« très agréable… Quant au Maquisard, où j’ai roulé à deux reprises par le passé, il s’agit d’une côte que j’apprécie tout particulièrement. C’est varié à souhait, et un bon pilote peut toujours y faire la différence… »

Badaboum !

 Le clou de la journée était néanmoins le principe de course à l’américaine proposé à partir de 16h30. Avec une Montée en Or accueillant finalement 26 concurrents, une Super Finale pour les 10 plus rapides et un Final 3 où les compteurs étaient une fois encore remis à zéro, les artificiers du chrono ont pu s’en donner à cœur joie. Tous… sauf deux !
Donné grand favori au volant de la Porsche 911 Turbo 1974 de l’Allemand Schewe, Bernard Munster était bien décidé à faire tomber le record du Maquisard, pour flirter avec la minute vingt secondes. Dans un droite rapide, il se retrouvait hélas… sans freins, et s’offrait une incroyable cabriole, le bolide allemand achevant sa course sur le flanc ! Sans bobo pour le pilote, heureusement, et avec des dégâts finalement moins importants qu’on avait pu le craindre pour sa monture…
« J’avoue que quand la pédale a été au plancher, et que j’ai senti la voiture glisser sur l’huile se déversant sur une des roues arrière, j’ai eu peur, reconnaissait Bernard Munster. L’impact a été très violent, mais je m’en suis bien sorti. C’est dommage, car j’avais réussi à bien maîtriser le temps de réponse énorme de ce turbo de la première génération, la puissance arrivant parfois un bon 2 secondes après avoir écrasé la pédale des gaz. Cette Porsche Turbo est très efficace, mais aussi compliquée à piloter… »
Autre grand malchanceux de la journée, Johnny Delhez est lui aussi parti à la faute dans l’un des virages à droite entre la ‘Petite Suisse’ et les épingles du haut du tracé. Si le concessionnaire Ford de Trooz s’en tirait à bon compte, sa fabuleuse Escort RS1600 MK1 a malheureusement vécu, après avoir effectué une cabriole très impressionnante. Ce sont des mois de travail qui se sont envolés dans la côte du Maquisard, qui reste définitivement un parcours n’autorisant pas la moindre erreur, surtout dès l’instant où on décide d’exploiter tout le potentiel de sa monture…

 Show devant !

Munster et Delhez out, la victoire allait se circonscrire entre trois pilotes, tous des régionaux de l’étape, bien sûr… Et comme l’an dernier, c’est Bernard Herman (Porsche 911 RS 1974) qui surgissait après la Montée en Or, avec un temps corrigé de 1’23’’712. Il est vrai que le bolide aux couleurs de Martini pouvait compter sur un coefficient d’âge intéressant. Herman devançait la VW Golf II 1984 de Tony Kevers, et un Jean-Pierre Van de Wauwer qui avait décidé de s’engager sur deux voitures différentes : son habituelle Lancia Beta Monte-Carlo Gr.4, lauréate des dernières Legend Boucles de Spa, et une Porsche 911 1979, plus proche de la série que les bolides de Munster et Herman.
Lors de la Super Finale, Herman remettait le couvert avec un temps corrigé de 1’23’’594, devançant cette fois ‘Vande’ au volant de la… Lancia, et Kevers. Ces trois pilotes allaient en découdre une dernière fois sur les 2340 mètres reliant le hameau de Marteau au monument du Maquisard Inconnu, à La Reid. Et c’est à ce moment que Tony Kevers signait l’exploit de la journée, avec une montée record en 1’22’’390, que le coefficient peu avantageux de sa Golf II transformait en un chrono de 1’23’’379.
« Avec l’équipe de Jean-Marie Dehaye, qui prépare ma Golf à la perfection, on a décidé de pousser jusqu’à 8400 t/min pour cette dernière montée, expliquait un Tony Kevers hilare. Il y avait aussi un endroit que je passais en troisième pendant la journée. Là, j’ai essayé en 4ème… C’était plus vite, mais franchement limite ! J’avoue que je me suis fait une frayeur. Mais c’est passé… »
Surgissait alors Bernard Herman, moins rapide que lors de ses deux premières montées chronométrées… « En voyant la Porsche de Munster après sa sortie de route, j’ai décidé de soulager pour cette dernière montée, avouait le préparateur désormais situé dans les installations d’Apal à Blegny. Je n’avais pas envie d’abîmer ma Porsche, mais je dois reconnaître que Tony a été très vite… » Quant à Jean-Pierre ‘Vande’, il devait cette fois se contenter de la plus petite marche du podium final…
« Bravo à Tony Kevers, car voir un petit jeune l’emporter fait toujours plaisir, plaisantait le citoyen de Stembert. Ce que je retiendrai de cette journée, c’est que j’ai réalisé le même chrono, à un dixième près, avec la Lancia et la Porsche. Et pourtant, il n’y a toujours que 170 chevaux dans la Beta Monte-Carlo ! Un peu juste pour aller taper les autres sur un parcours on ne peut plus sec. Mais je prendrai ma revanche, c’est sûr… »

Super Togaert !

 Derrière ces trois artistes, le jeune Réginald Togaert a frappé un très grand coup avec sa Peugeot 205 Rallye, signant l’un des meilleurs chronos du jour avec un 1400cc sous le capot ! Il remportait bien sûr la Classe 16. Daniel Reuter (Porsche 914/6) faisait partie des bonnes surprises du jour en se classant au 6ème rang, emmenant dans son sillage l’incontournable Volvo Amazon de Bernard Lamy, l’Opel Ascona de Vincent Cornet, la VW Cox d’un Bernard Cornet qui a lutté toute la journée avec des problèmes d’injection, et la Volvo 144S de Christian Glaude, qu’on n’attendait pas dans le top 10 final. A noter les excellents débuts de Florian Jupsin (Opel Manta, 11ème), le fils de Christian, ainsi que les ennuis d’embrayage sur la Ford Mustang 1967 de Raphaël van der Straten, de quoi priver le pilote VDS Racing Adventures de top 10, alors qu’il avait pris une exceptionnelle 3ème place l’an dernier. Mais il reviendra…
Pour être complet, mentionnons encore le doublé des ‘Querinjean Brothers’ pour le titre très envié de ‘Roi de l’Escort’, Olivier prenant cette fois le meilleur sur Michel ! Quant au ‘Prix du Spectacle’, autre spécificité du Maquisard, il est revenu à Maxime Hebrant, qui a pris un malin plaisir à embarquer son Opel Manta dans de longues glissades d’un bout à l’autre de la journée…
Après cet excellent millésime 2012, gageons que l’Ecurie du Maquisard a déjà entamé sa phase de réflexion en vue de la 8ème édition. Une seule question est désormais sur toutes les lèvres : qui osera défier les ‘champions du monde de la région’ sur un terrain qu’ils connaissent comme le fond de leur poche ?
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Classement final

1. Tony Kevers (VW Golf II), 1’23’’379 (1er Cl.17)
2. Bernard Herman (Porsche 911 SC), 1’23’’867 (1er Cl.18)
3. Jean-Pierre Van de Wauwer (Lancia Beta Monte-Carlo Gr.4), 1’24’’503
4. Jean-Pierre Van de Wauwer (Porsche 911), 1’25’’389
5. Réginald Togaert (Peugeot 205 Rallye), 1’26’’859 (1er Cl.16)
6. Daniel Reuter (Porsche 914/6), 1’27’’633
7. Bernard Lamy (Volvo Amazon), 1’28’’303
8. Vincent Cornet (Opel Ascona), 1’29’’872
9. Bernard Cornet (VW Cox), 1’30’’140 (1er S/R)
10. Christian Glaude (Volvo 144 S), 1’31’’012
11. Florian Jupsin (Opel Manta), 1’31’’540
12. Dany Wynand (Opel Kadett GT/E), 1’32’’409
13. Michel Querinjean (Ford Escort MK2 Gr.4), 1’32’’620
14. Stéphane Didelot (Peugeot 309), 1’33’’112
15. Marcel Laval (Opel Ascona B), 1’33’’581
16. Pierre-Alexandre Bousson (Ford Escort MK2), 1’34’’783
17. Raphaël van der Straten (Ford Mustang 1967), 1’35’’034
18. Michel Closjans (Lotus Elan), 1’36’’224
19. Christophe Devleeschauwer (Ford Escort MK2), 1’36’’623
20. Loïc Poncelet (Ford Escort RS MK2), 1’37’’085
21. Thierry Delobel (Porsche 911), 1’38’’373
22. Maxime Hebrant (Opel Manta), 1’39’’031
23. Patrick Graindor (Triumph TR7 V8), 1’40’’885
24. Benoît Dirick (BMW 325i E30), 1’42’’212
25. Rudy Buyse (VW Golf I GTI), 1’42’’503
26. Jean-Marc Ruwet (Renault 5 Alpine Turbo), 1’44’’880.

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